Enfants précoces, les principales questions que vous vous posez (et les réponses courtes !)

Enfants précoces, les principales questions que vous vous posez (et les réponses courtes !)

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Quels sont les signes de la précocité ?

Les enfants à haut potentiel (ou précoces) peuvent présenter différents profils. Quelques signes se retrouvent tout de même chez la plupart de ces enfants :

– un langage très développé très tôt (ou immédiatement dès l’acquisition du langage),
– une grande sensibilité,
– l’apprentissage de la lecture avant le CP (souvent seul),
– une capacité à compter très tôt,
– une préférence pour les relations amicales avec des enfants plus âgés voire des adultes,
– de très bons résultats scolaires sans effort ou à l’inverse des difficultés scolaires,
– un questionnement permanent (pourquoi).

Si votre enfant présente ce type de signes, il se peut qu’il soit « haut potentiel » (ou précoce, surdoué).

Comment savoir si mon enfant est précoce ?

Vous pouvez avoir l’intuition forte de la précocité de votre enfant. Pour être certain que votre enfant est précoce ou à haut potentiel, il faudra lui faire passer un test de QI (quotient intellectuel) avec un professionnel en psychologie. Cela peut se faire gratuitement auprès d’un psychologue scolaire (mais les délais peuvent être longs), soit à vos frais auprès d’un psychologue privé (les prix varient entre 150€ et 400€, certaines mutuelles remboursent une partie de ces frais).

Qu’est-ce que le QI ?

Le QI, c’est le quotient intellectuel. C’est une méthode de calcul du niveau d’intelligence d’une personne. L’intelligence, c’est la capacité à réfléchir, comprendre. C’est elle que nous utilisons pour apprendre, calculer, mémoriser, trouver des solutions face aux problèmes que nous rencontrons dans la vie de tous les jours.

Comment faire un test de QI ?

Pour faire un test de QI pour votre enfant, cela peut se faire gratuitement auprès d’un psychologue scolaire (mais les délais peuvent être longs), soit à vos frais auprès d’un psychologue privé (les prix varient entre 150€ et 400€, certaines mutuelles remboursent une partie de ces frais). Il vous faudra prendre rendez-vous.

Plusieurs rendez-vous sont nécessaires (a minima 2 : le test en lui-même et la séance de partage des résultats).

Qu’est-ce qu’un test de QI ?

Il existe 3 types de tests différents selon l’âge : le WPPSI pour les enfants entre 2 ans & 6 mois et 7 ans & 3 mois, le WISC pour les enfants et adolescents entre 6 ans et 16 ans & 11 mois et le WAIS pour les adolescents et adultes à partir de 16 ans.

Chacun de ces tests se déroule en différentes parties (chronométrées ou non) qui viennent mesurer des composantes différentes de l’intelligence.

Si les résultats à ces différents sous-tests sont homogènes, alors il est possible de calculer un niveau de QI global. Dans le cas contraire, on parle d’un QI hétérogène.

En savoir plus sur le test de QI. 

A partir de quel niveau de QI un enfant est dit précoce ?

En France, les professionnels s’accordent presque tous à définir le niveau de haut potentiel ou précocité intellectuelle à partir d’un QI de 130 sur l’échelle de Wechsler. Le QI moyen de la population s’établit à 100 sur cette échelle.

Quelle différence entre précoce, haut potentiel intellectuel et surdoué ?

Il n’y a aucune différence entre les terminologies « précoce », « haut potentiel intellectuel » et « surdoué ». Ces trois termes désignent la même chose. Ils sont utilisés indifféremment par les professionnels (psychologues, enseignants, spécialistes, auteurs, chercheurs,… ).

Le terme de précocité décrit bien l’avance intellectuelle d’un enfant sur les autres enfants du même âge mais, ces capacités étant toujours présentes à l’âge adulte, le terme précoce trouve ses limites.

Surdoué est de moins en moins utilisé, car véhiculant une notion de supériorité que ces enfants et leurs parents n’aiment pas utiliser.

Chez HiPoCAMP, nous préférons le terme Haut Potentiel Intellectuel, car ce terme porte avec lui toute la réalité complexe de ces enfants qui ont un énorme potentiel qu’il tient à eux (et à ceux qui les accompagnent) de libérer ou non.

Quels sont les différents profils de précocité ?

Les enfants sont tous différents et il en va de même pour les enfants précoces. Il existe beaucoup de classification des profils d’enfants à Haut Potentiel. Chez HiPoCAMP, nous aimons particulièrement celui-ci, développé par Betts & Neihart en 2010 : Brillant, créatif, inhibé, téméraire, doublement exceptionnel et autonome.

L’élève brillant : excellent élève, il est satisfait de ses excellents résultats qu’il obtient facilement. C’est un élève à qui il faut présenter des défis pour lui apprendre à apprendre et à fournir de l’effort.

L’élève créatif : très créatif et énergique il a du mal à s’adapter au cadre de l’école et a besoin d’exprimer sa différence. Il a besoin qu’on lui laisse exprimer sa créativité tout en lui apprenant à composer avec les autres dans un cadre.

L’élève inhibé :  généralement mal dans sa peau, cet enfant a une mauvaise estime de lui-même et intériorise beaucoup. Il peut passer totalement inaperçu en classe. Il a besoin d’un cadre bienveillant pour lui permettre d’exprimer son potentiel.

L’élève téméraire : souvent porteurs de faibles résultats scolaires, l’élève téméraire est rebelle. Il est en colère contre tout et tout le monde. Il prend des risques inappropriés. Cet enfant aura besoin d’un accompagnement spécifique pour l’aider à faire éclore son potentiel.

L’élève à double étiquette : il cumule HPI avec une autre particularité (Dys, TDAH,…). Il peut fournir de gros effort pour atteindre des résultats qui ne seront souvent pas à la hauteur de ses attentes. Ces enfants ont besoin d’être encouragés et stimulés sur leurs points de forces pour qu’ils gagnent confiance en eux et accompagnés (souvent par un dispositif extra et intra scolaires assez lourd) sur leurs faiblesses pour les aider à dépasser leurs difficultés.

L’élève autonome : très bon élève, cet enfant trouve sa motivation intrinsèquement. Infiniment curieux, il apprend seul, connaît le sens de l’effort et se fixe lui-même des objectifs ambitieux. Cet enfant aura surtout besoin qu’on limite les contraintes qui l’empêchent d’avancer et que l’on dépasse l’impression que tout va toujours bien pour lui, car il cherchera toujours à s’en sortir seul.

Précocité : doit-on en parler à l’école ?

Il y a beaucoup de débats sur le fait de parler avec les enseignants du haut potentiel intellectuel de son enfant.

Peur d’être catalogué comme un parent qui pousse son enfant, peur du jugement de l’enseignant… Mais en parler avec le corps enseignant, c’est donner toutes les chances de mieux accompagner cet enfant singulier.

Aujourd’hui, les enseignants sont de mieux en mieux formés sur les enjeux du haut potentiel intellectuel. En parler, c’est permettre de créer une équipe complémentaire autour de l’enfant.

Enfant intellectuellement précoce : comment sont formés les enseignants ?

La France a beaucoup de retard dans l’accompagnement des enfants à haut potentiel intellectuel.

Depuis 2007, les professeurs et directeurs sont formés à l’accompagnement de ces enfants spécifiques au cours de leur formation initiale et en formation continue.

Les psychologues de l’Éducation nationale sont formés sur le dépistage des enfants intellectuellement précoces, l’accompagnement de leurs familles, et les informations à apporter aux enseignants.

En savoir plus sur le site de l’éducation nationale.

Haut Potentiel : quelles solutions proposées par l’école ?

En France, il existe différentes solutions pour accompagner un enfant à haut potentiel : le saut de classe, la différenciation, le décloisonnement, le regroupement, les classes / écoles spécialisées, l’instruction en famille

Le saut de classe : le plus courant dans notre pays, le saut de classe consiste à accélérer la scolarité d’un enfant pour éviter l’ennui. On estime qu’un saut de classe est scolairement réussi si un enfant réussi à rattraper son retard sur la classe qu’il intègre en un trimestre et fait partie des meilleurs de sa classe en fin d’année. Cette solution peut s’avérer intéressante pour un enfant qui souffre d’ennui et de sociabilisation dans sa classe d’origine et pour développer le sens de l’effort. Mais il a ses limites, l’ennui revient généralement 1 ou 2 ans après le 1er saut.

La différenciation par le haut : cela consiste à donner à l’élèves à haut potentiel des exercices plus complexes qu’à ses camarades, dans l’optique de limiter son ennui, lui donner des défis et le goût de l’effort. Cela peut aussi passer par des activités différentes : comme un exposé pour approfondir un sujet par exemple.

Le décloisonnement : permettre à un enfant qui est en avance sur une matière de quitter sa classe pour rejoindre une classe de niveau supérieur spécifiquement pour cette matière. Le reste du temps, l’enfant continue d’évoluer dans sa classe d’origine.

Le regroupement : ce dispositif consiste à regrouper les enfants à haut potentiel d’un établissement quelques heures par semaine pour aborder des notions hors programme (philosophie, art,… ). Cela permet à ces enfants de s’évader ensemble du cadre quelque fois trop limité pour eux.

Les classes / écoles spécialisées sont des structures entièrement dédiées aux enfants précoces. Elles permettent à ces enfants d’avancer à leur rythme dans un cadre entièrement pensé pour eux. Les classes et écoles spécialisées sont rares et coûtent souvent très chères aux parents.

L’instruction en famille : de nombreuses familles d’enfants précoces font le choix de l’instruction en famille, ne trouvant pas l’accompagnement scolaire adapté pour leurs enfants.

Précocité : doit-on faire sauter une classe ?

Le choix de faire sauter une classe à un élève, et donc d’accélérer sa scolarité, n’est pas une décision anodine.

L’école et les parents doivent être d’accord. Souvent, l’avis d’un psychologue scolaire sera demandé.

De nombreux critères seront pris en compte, au-delà de l’éventuel test de QI : la maturité de l’enfant, sa motivation, sa capacité à rattraper le niveau supérieur, la capacité de la classe à accueillir un nouvel élève, …

L’école peut d’elle-même proposer ce dispositif. Si vous avez l’intuition que cela pourrait être une solution, il faut en parler sans tarder aux enseignants, au plus tard en mars/avril. Ensuite il devient trop tard pour constituer le dossier.

Adolescent et précocité : comment éviter l’ennui et l’échec scolaire ?

C’est généralement à l’adolescence que les enfants à haut potentiel peuvent décrocher scolairement.

Non pas qu’ils n’aient pas les capacités mais souvent pour deux raisons principales : le manque de motivation (perte de sens de l’école) et l’incapacité à fournir des efforts quand les apprentissages se complexifient.

En effet, tout ayant toujours été très simple jusque-là, ces enfants n’apprennent pas à apprendre, ils savent. Il est donc primordial d’amener ces enfants à apprendre à fournir de l’effort (à travers un saut de classe ou des activités extra scolaires).

Il est aussi important de les aider à trouver leur voie : une enfant précoce qui a un objectif déploiera une énergie sans commune mesure pour l’atteindre.

Comment aider un enfant précoce à avoir confiance en lui ?

Cela peut paraître paradoxal mais les enfants à haut potentiel intellectuel (tout comme les adultes) manquent cruellement de confiance en eux.

Souvent, ils souffrent du « syndrome de l’imposteur » : comme tout est si simple, c’est que je dois avoir beaucoup de chance et un jour ils se rendront tous compte qu’en fait je ne suis pas à ma place, je ne suis pas si fort que ça.

En recherche de perfection, les enfants précoces sont perpétuellement insatisfaits de leur travail.

Les parents et enseignants doivent les accompagner pour leur permettre de se sentir mieux dans leur peau. Méditation, jeux, explication précise du niveau attendu, compréhension de son propre fonctionnement, de ses forces et faiblesses … il est important de prendre le temps d’accompagner ces enfants pour qu’ils se sentent en capacité d’avancer sereinement.

Qu’est-ce que le QE quotient émotionnel ?

De plus en plus, vous entendrez parler de QE (quotient émotionnel) qui se définit comme l’intelligence émotionnelle d’une personne.

Tout comme le QI, le QE peut être mesuré par des spécialistes qui vont mesurer différentes capacités émotionnelles : la capacité à comprendre ses propres émotions, la capacité à gérer ses émotions face aux émotions d’une autre personne ou d’une situations, la capacité à comprendre les émotions d’autrui et de les gérer, la capacité à influer sur les autres et à gérer les situations conflictuelles.

Que signifie TDAH ?

TDAH = Trouble de l’Attention avec ou sans Hyperactivité.

C’est un syndrome qui touche en moyenne 4% de la population (un ou 2 enfants par classe).

3 caractéristiques principales : Inattention, impulsivité, hyperactivité.

On fait souvent le lien entre HPI (haut potentiel intellectuel) et TDAH. Il existe effectivement des enfants qui ont ces deux mais les études montrent qu’il n’y a pas plus de TDAH parmi les HPI que dans la moyenne de la population.

A ce titre, il est important de faire poser un diagnostic précis par un professionnel car un enfant HPI peut très vite être étiqueté TDAH car l’ennui peut générer des signes d’inattention, d’impulsivité ou d’hyperactivité en classe.

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